Domo Creuse : aide à l’autonomie

La fondation Domo Creuse Assistance fournie la domotique et la télé-alarme sur le département de la Creuse. Il s’agit d’un GIP (Groupement d’Intérêt Public) à majorité publique (département). Rencontre avec un agent proche du dispositif.

La pression est mise autant sur les évaluateurs APA que PCH pour faire remonter les besoins et proposer l’installation du pack domotique en cas de besoin de télé-alarme ou de risque de chute.

La plateforme téléphonique de Domo Creuse Assistance est installée à Guéret dans des locaux séparés de ceux du Conseil Général. Les techniciens qui installent et réparent le matériel sont regroupés au sein de la « cellule domotique » qui est un service départemental à part entière. C’est habituel dans le département de mettre des services entiers à dispositions d’un GIP tout en ne les intégrant pas physiquement dans celui-ci. Les évaluateurs PCH sont dans la même situation. Ils travaillent exclusivement pour la MDPH (qui est GIP) mais dépendent fonctionnellement des UTAS.

Concrètement, quand une personne (ou son entourage) souhaite installer un pack domotique (qui comprend une télé-alarme à bracelet, un chemin lumineux à détecteur de présence permettant d’aller de la chambre aux sanitaires, un détecteur de gaz, un détecteur de température, un détecteur de fumée et deux voies d’entrée libre), elle dépose un dossier d’APA ou de PCH. En réalité, très peu de personnes handicapés en ont parce que ce n’est pas adapté du tout à leurs besoins. La MDPH ou la DPPA saisie alors la cellule domotique qui installe et au besoin remet aux normes l’électricité (le financement de celle-ci est assuré par le Conseil Général sur fond propre puisque ce n’est prévu ni par l’APA ni par la PCH. Les packs sont fournis par l’industriel Legrand par l’intermédiaire de Domo Creuse Assistance. Une fois le pack installé, l’abonnement (de 43 € par mois) est pris en charge intégralement par l’APA et à 75% par la PCH. Lorsqu’une alarme se déclenche, une alerte arrive à la plateforme téléphonique de Guéret en semaine, ou sur une plateforme mutualisée avec le Corrèze la nuit et le week-end. L’opérateur appelle alors la personne afin d’en savoir plus sur le problème. Si la personne ne répond pas, l’opérateur appelle un réseau de correspondant local (spécifique à la personne ou non). Si aucun correspondant n’est disponible ou si le correspondant signale un problème, l’opérateur déclenche les secours adaptés au problème (un problème de chauffage ne nécessitant pas forcément de déplacer les pompiers si le correspondant a signalé que la personne allait bien par ailleurs).

Les deux voies libres sur le système domotique servent à ajouter des détecteurs en fonction des besoins. Par exemple, il y a des installation qui comprennent des détecteurs d’ouverture sur la porte du réfrigérateur. Si celui-ci n’est pas ouvert dans les plages horaires du repas, cela déclenche une alarme spécifique qui permet à l’opérateur de rappeler à la personne qu’elle doit manger. Un autre cas fréquent est d’ajouter un détecteur d’ouverture sur la porte d’entrée ainsi qu’un détecteur de passage à un point spécifique. Cela permet, sur un scénario de promenade pré-programmé, de savoir que la personne n’est pas rentrée, et de déclencher des secours adaptés.

Les opérateurs appellent aussi pour des messages dits « de convivialité ». Ils souhaitent les anniversaires, passent les message laissés par la famille (du type « n’oublie pas d’aller chez le médecin à 10h ce matin »), informent des alertes météo (neiges ou grosses chaleurs), appellent systématiquement les trois premiers jours d’un retour à domicile, et d’autre sujets, en fonction du souhait de la personne et de son entourage.

Globalement, l’articulation est bien faite et le passage de l’ancien système départemental (télé-alarme qui arrivait chez les pompiers) au nouveau est très satisfaisant pour l’ensemble des acteurs, même s’il implique un coût financier plus important pour le département. Aux dernières nouvelles, une structure du même type devait se monter en Corrèze en remplacement de leur ancien système (départemental et plus ou moins publique). La Haute-Vienne était aussi intéressée mais n’a actuellement pas de service départemental équivalent.

Merci à Laure H. pour ce récit fort intéressant.